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Gaz et mazout: une contribution carbone à partir de 2028

Comme c'est déjà le cas pour plusieurs secteurs industriels, l'Union européenne va mettre en place un marché de quotas de CO2 pour le secteur des combustibles fossiles et des fournisseurs d'énergie. Destiné à réduire les émissions de CO2, ce système prévu pour 2028, entraînera une hausse des prix du gaz et du mazout pour se chauffer ainsi que de l'essence (et du diesel). L'électricité ne sera pas touchée par ces augmentations. Les investissements pour consommer moins (isolation), se chauffer à l'électricité (pompes à chaleur) ou produire et stocker de l'électricité (panneaux photovoltaïques et batteries) seront dès lors plus vite rentabilisés.

Les 27 États membres de l'Union européenne partagent depuis longtemps la nécessité de diminuer drastiquement les émissions de CO2 issues de la combustion des hydrocarbures (pétrole, gaz) et du charbon. Face à l'accélération du réchauffement climatique, l'objectif est de réduire de moitié (-55%) ces émissions pour 2030. Il ne reste donc plus que quatre ans. 

La production d'énergie renouvelable et propre a crû de manière spectaculaire ces dernières années, surtout grâce à l'énergie solaire stimulée par des prix du matériel (panneaux photovoltaïques et batteries) en forte baisse, essentiellement en provenance de Chine. En parallèle, sur le principe du "pollueur-payeur", un système d'échange de quotas d'émission (ETS pour Emission Trading System, voir son principe de fonctionnement plus bas) existe depuis 20 ans et impose aux entreprises qui possèdent de grands sites industriels (acier, ciment, verre, aluminium, production d'électricité,...) ou sont actives dans le transport aérien (depuis 2012) ou maritime (depuis 2024) de payer pour les énormes quantités de CO2 rejetées dans l'atmosphère. Ce système couvre environ la moitié (45%) des émissions européennes de CO2, soit plus de 11.000 lieux industriels.

Mais la croissance du solaire et le système ETS ne suffisent pas à atteindre l'objectif de réduction des émissions de CO2. Par conséquent, l'Union européenne a décidé d'élargir la portée du système ETS. Un système ETS2 va être mis en place. Prévu pour 2027, il a été repoussé en 2028. Il visera des secteurs clés dans les émissions de CO2 : le bâtiment et le transport. À Lasne qui ne dispose pas d'activités industrielles, ces deux secteurs sont responsables de la quasi totalité des émissions de CO2 : 78% pour le bâtiment et 21% pour le transport. 

Estimation des hausses pour un ménage belge moyen

En étant intégrés dans l'ETS2, les fournisseurs d'énergie et les entreprises de combustibles devront désormais payer une contribution carbone pour le CO2 que la consommation de leurs produits pétroliers et gaziers rejette dans l'atmosphère. Ces entreprises répercuteront cette sorte de "taxe carbone" sur leurs clients en augmentant les tarifs. Selon le Bureau du Plan qui réalise des analyses et prévisions pour notre pays, à partir de 2028, un ménage belge moyen devrait payer environ 220 euros en plus par an (soit 18 €/mois) pour se chauffer au gaz et 320 euros en plus pour le mazout. Quant au prix de l'essence (et du diesel), il augmenterait de 10%, soit environ 16 cents si on se base sur le prix de décembre 2025. Ces chiffres se basent sur un certain prix de la tonne de CO2 (60 euros). Ce prix variant selon l'offre et la demande (voir le fonctionnement de l'ETS plus bas), les hausses des produits pétroliers et gaziers pourraient augmenter elles aussi.

Cette contribution carbone ne vise que le pétrole et le gaz (et le charbon mais cela ne concerne guère notre pays), l'électricité n'est pas concernée.

Intérêt accru d'investir dans l'isolation, les pompes à chaleur, les panneaux photovoltaïques

Pour échapper à ces hausses, tout en diminuant leurs émissions de CO2, les Européens, les Belges, les Lasnois auront donc encore plus intérêt qu'aujourd'hui à consommer moins d'hydrocarbures ou à les remplacer par de l'électricité. Concrètement, il deviendra encore plus rentable qu'aujourd'hui de mieux isoler son logement, de le chauffer avec une pompe à chaleur (qui fonctionne à l'électricité), d'utiliser un chauffe-eau thermodynamique, d'installer des panneaux photovoltaïques et une batterie, de rouler en voiture électrique. Avec l'avènement de la contribution carbone, tous ces investissements, certains légers, d'autres plus lourds, seront plus vite rentabilisés.

Sources communales d'infos

La commune de Lasne, qui s'est alignée sur l'objectif européen de réduction des émissions de CO2 (-55%), soutient toutes ces options depuis plusieurs années, au travers de son plan climat et de ses groupes de travail citoyens, en vous informant un maximum sur toutes ces options. Ainsi, vous pouvez...

Vous voulez vous investir dans un des groupes de travail pour contribuer plus activement à l'information et la sensibilisation des Lasnoises et Lasnois autour de toutes ces possibilités pour diminuer nos émissions de CO2? Appelez le 02/6341806 ou envoyez un email au coordinateur des groupes ([email protected]) 

Comment fonctionne l'ETS ?

On crée une sorte de marché du carbone où on établit pour l'année, une quantité maximale de CO2 qui peut être émise (un plafond d'émission absolu). C'est la quantité totale de CO2 que l'ensemble des installations industrielles européennes aura le droit d'émettre cette année-là. 

Chaque entreprise reçoit automatiquement un certain nombre de tonnes de CO2 qu'elle aura le droit d'émettre pendant cette année (1 quota = 1 tonne de CO2). Cette distribution automatique concerne une partie des quotas. L'autre partie est mise aux enchères.

Ensuite, durant l'année, ces quotas peuvent être échangés entre les entreprises selon un principe de marché classique soumis à l'offre et la demande. Ainsi, si une entreprise a diminué ses émissions de CO2, elle n'aura plus besoin d'autant de quotas. Elle pourra donc revendre ces quotas restant, qui lui sont désormais inutiles, sur le marché de l'ETS à des entreprises qui ont besoin de quotas supplémentaires. Cette vente se fera à un prix qui variera selon l'offre et la demande. Ainsi, si beaucoup d'entreprises ont besoin de quotas de CO2 supplémentaires, l'entreprise pourra vendre son excédent de quotas à un prix plus élevé et gagner plus d'argent.

Ce système est censé inciter les entreprises à faire des investissements pour émettre moins de CO2, ce qui leur permettra de devoir payer moins de quotas et même de gagner de l'argent en revendant leurs quotas non utilisés.

Progressivement, on abaisse, année après année, le plafond et on réduit ainsi la quantité totale de CO2 émise.

ETS: vidéo explicative

Cette vidéo réalisée par l'Union européenne explique (en anglais) le principe et le fonctionnement du système ETS (Emission Trading System).

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