Jean-Baptiste, maraîcher (Ferme du Mont-Lassy)
Venus de Bruxelles, trois frères, Jean-Baptiste, François et Louis, ont racheté une ferme et ses terres situées rue du Mont Lassy. Ils ont transformé ce site vallonné de 10 hectares, y plantant des kilomètres de haies, près de 300 arbres et 1.200 arbustes fruitiers, créant des plans d'eau pour favoriser une faune et une flore variées. C’est dans ce domaine magnifique, après cinq ans de chantier, qu’ils ont commencé en 2024 à produire leurs fruits et légumes bio et à élever quelques bovins et porcs. L'essentiel de leur production est vendue au magasin Comptoir Local (centre commercial Mazerine à Genval).
Jean-Baptiste nous a accueillis dans sa ferme au mois de novembre 2024 alors que s'achevait sa première véritable année de production. "Nous avons écoulé cinq tonnes, dont une tonne rien que de tomates. Tout a été vendu, il n'y a eu aucune perte. De toute façon, s'il devait y avoir des invendus, les cochons se feraient un plaisir de les consommer", dit en riant Jean-Baptiste alors que nous marchons devant ses cinq serres. Si les légumes poussent majoritairement à l’extérieur, après septembre ils sont cultivés sous serre. "On a un programme sur toute l’année, actuellement, on sort des choux de Bruxelles et du chicon" précise Jean-Baptiste qui a quitté Bruxelles et son job dans la communication pour partir avec ses frères en quête d'une ferme.
La création d'un nouveau domaine
Qu'est-ce qui t'a poussé à franchir le pas ?
C'est la naissance de ma fille. Pour mes frères aussi. Nos enfants ont constitué un moteur essentiel : "Qu'est-ce qu'on va laisser à nos enfants et à nos contemporains ?"
Il vous a fallu cinq ans pour tout mettre en place. C'est long et court à la fois pour un tel projet...
C’est un travail colossal, un peu effrayant parce que c’est sans fin. Il y a tellement de choses à mettre en œuvre. Et beaucoup de choses à apprendre. Mais c’est aussi un moteur de pouvoir apprendre, découvrir de nouvelles thématiques, rencontrer de nouvelles personnes. On a pris la décision de se faire encadrer par des personnalités qui sont reconnues dans leur domaine pour ne pas tâtonner trop longtemps sur le projet.
Les obstacles
Cela change en fonction du stade du projet.
Un premier obstacle à franchir était les appréhensions du voisinage. Quand on a racheté les terres, il y a d’abord eu le soulagement des riverains qu’il ne s’agisse pas d’un projet immobilier. Mais ensuite sont survenues les inquiétudes à notre sujet : que vont-ils implanter ? Est-ce qu’il y aura des nuisances ? Est-ce que le paysage sera gâché ? On a pu les rassurer assez vite et aujourd’hui on a une entente cordiale avec la totalité.
Un second obstacle a été l'obtention du permis car il y avait beaucoup de contraintes sur ce site avec notamment la présence de conduites de gaz, d'un cours d'eau, d'une zone inondable. Grâce à l’aide de la commune, on est arrivé après deux ans à la mise en œuvre de ce qu’on avait demandé.
Puis vient l'obstacle qui vaut pour toutes les personnes qui exploitent la terre : la météo ! On a eu 8 mois de pluie l’an passé qui ont retardé le véritable démarrage de notre activité. Mais ça fait partie du métier qu’on continue d’apprendre. Ce sera notre quotidien désormais.
Maintenant ça y est, la ferme tourne, quel regard portes-tu aujourd'hui sur cette période ?
Il y a un an, on était dans la boue, les travaux n’avançaient pas, il pleuvait tout le temps, on n’avait pas l’équipe fantastique (hors saisonniers, deux personnes sont occupés par la ferme du Mont-Lassy toute l’année) qu’on a aujourd’hui. Maintenant, rétrospectivement, qu’on est arrivés à la fin des travaux et qu’on voit la mise en œuvre de ce qu’on a imaginé, même s’il y a encore beaucoup de travail, on est heureux d'avoir le pied à l’étrier.
Engagé dans la commune
Comment se présente l'avenir ?
En 2024, on a atteint 60% du potentiel visé. On espère doubler de volumes grâce à une surface de culture plus grande (la plus grande partie du domaine est occupée par des prairies) et en rationnalisant les rotations de culture. On va pouvoir commencer à développer la notoriété de la ferme, à sélectionner de nouvelles variétés. On rentre dans une période exaltante qui nous permet d’être créatif sur ce qu’on va pouvoir faire.
Tu participes à un groupe de travail sur la biodiversité qui rassemble des habitants et l’administration communale. Pourquoi ?
C’est dans la continuité de ce que je fais ici à la ferme mais aussi dans ma vie privée. En effet, à la maison, nous avons repris un hectare de terres agricoles que j’ai transformées en verger entouré de haies et dans lequel un éleveur local fait pâturer ses moutons.
J’essaie d’avoir un impact à ma petite échelle, d'apporter ma modeste contribution. C’est aussi intéressant de rencontrer d’autres personnes. Tout ça aux bénéficies d’une commune qui est privilégiée et devrait pouvoir mettre des choses en œuvre, je considère comme un devoir d’y participer.
Plus d'infos et contact: la page Facebook de la Ferme du Mont-Lassy