Une page d’histoire

Lasne est située au cœur du Brabant wallon. Commune semi-rurale, elle couvre 4.721 hectares et compte plus de 14.081 habitants (au 01/01/2012); 66 % du territoire de la commune est constitué de zone rurale dont 60 % de zone agricole, le reste étant fait de zones forestières et d’espaces verts.

Si le grand Lasne a pris le nom de Lasne au moment de la fusion des communes au 1er janvier 1977, c’est bien en hommage à la charmante et bruissante rivière qui porte ce nom et qui serpente, heureuse et loquace, à travers les 5 anciens villages : Couture-Saint-Germain , Lasne-Chapelle-Saint-Lambert, Maransart, Ohain et Plancenoit.

La commune de Lasne est jumelée avec Azay-le-Rideau, en Indre et Loire (France) et Abbeville, en Louisiane (USA).

Il existe à Lasne, un coin qui n’appartient à personne, sinon à toute la population, un coin qui n’a pas de nom propre sinon une appellation universelle que l’on retrouve partout ailleurs, mais qui n’a pas son pareil tant, ici, il est fait de charme, et où choisirent de s’éterniser quelques grands hommes qui vécurent à Lasne.

Cet endroit, c’est la place communale d’Ohain, unique en son genre. Une des plus belles places du Brabant wallon, joyau niché au centre du village, entouré de petites maisons du passé et bien ombragé.

Son charme attira de nombreux artistes, peintres, écrivains ou musiciens qui séjournèrent à Ohain et puisèrent probablement sur cette place une part de leur inspiration.

La fontaine Mascart, le kiosque à musique et les bancs de pierre dédiés à Charles Plisnier, Edmond Vandercammen, Albert Ghislain et Robert Goffin font de cette place une des plus belles cartes postales de la commune.

C’est à Couture-Saint-Germain que l’on peut admirer les vestiges de l’ancienne abbaye cistercienne d’Aywiers dont nous retiendrons surtout qu’elle abrita Sainte Lutgarde durant 30 ans.

Depuis 1896, de nombreux pélerinages sont organisés en son honneur, et son rayonnement se propagea dans toute la Belgique et dans toute l’Europe.

La Commune acceuille de nombreuses fermes, dont la superbe ferme de la Kelle surplombant la vallée de la Lasne, dont l’origine remonte au XVe siècle, mais dont les bâtiments actuels datent des XVIIIe et XIXe siècles.

L’église d’Ohain est l’édifice religieux le plus prestigieux de la commune.

Elle fut érigée vers l’an 1200. Malgré les transformations, les dégradations dont elle fut l’objet, sa base est restée et cette tour qui la fit souvent désigner comme tour sarrasine, constitue sa principale originalité. C’est dans les années 1760 qu’elle fut reconstruite dans la forme que nous lui connaissons.

Bien que l’histoire n’ait retenu que le nom de Waterloo, la bataille du 18 juin 1815 se passa en grande partie sur le territoire de Plancenoit. ‘ La Belle Alliance’ ( actuellement ‘Le Rétro’) était un cabaret où, à la nuit tombante, vainqueurs et poursuivants des restes de l’armée française, Wellington et Blücher se sont rejoints.

En 1861, Victor Hugo foula la terre de nos campagnes pour son livre ‘Les Misérables’ et vint également jusqu’à la place communale d’Ohain.

Une petite page d’histoire

La commune de Lasne telle que nous la connaissons aujourd’hui est issue de la fusion des anciennes communes de Couture-Saint-Germain, Lasne-Chapelle-Saint-Lambert, Maransart, Ohain et Plancenoit.

La nouvelle entité porte le nom de Lasne, qui fût emprunté au nom de la rivière « La Lasne », qui prend sa source à Plancenoit, coule vers Maransart et Couture-Saint-Germain et arrose Lasne-Chapelle-Saint-Lambert. Le nom de cette rivière est d’origine celtique et veut dire « plat,uni, tranquille » ou si l’on veut, » rivière aux eaux calmes « .

Des 5 villages, Maransart était le plus petit tant en surface (521 hectares, dont 322 de terres agricoles et 105 de bois et étangs) qu’en population 607 habitants et Ohain le plus grand (2090 hectares, dont 1216 de terres agricoles et 344 de bois et étangs) et 4504 habitants.

Géographiquement Lasne fait partie du bassin hydrographique de l’Escaut, étant donné que La Lasne est un affluent de la Dyle qui devient le Demer, puis le Ruppel et enfin l’Escaut. Les affluents de La Lasne sont le Smohain, l’Argentine et La Mazerine. De nombreux Ry en période de crue alimentent aussi La Lasne, le plus connu actuellement est le Ry Milhoux (création de la réserve naturelle).

Administrativement Lasne fait partie de la Province du Brabant Wallon, de l’Arrondissement de Nivelles et du Canton de Wavre. Les communes limitrophes sont Genappe, Braine-l’Alleud, Waterloo, La Hulpe, Rixensart et Ottignes-Louvain-la-Neuve. Actuellement, la commune de Lasne compte 14.081 habitants, Maransart est toujours la moins peuplée 1002 habitants et Ohain la plus peuplée 5830 habitants.

Voyons maintenant les origines et les faits historiques qui ont marqué l’histoire des villages formant actuellement Lasne. Pour cela, nous suivrons le fil de l’eau, le fil de la Lasne qui, répétons-le, signifie « rivière aux eaux calmes », voire vallée aux terrains plats et herbeux.

Plancenoit est à son départ. C’est dans ce village en pente qu’elle jaillit, sa source est à peu près à l’arrière de la maison du dentiste Frebutte ; actuellement elle est canalisée jusqu’au carrefour au bas de la rue d’Anogrune. Jadis, il existait là ce que l’on appelait le « trou sans fond » et qui était simplement une source où, selon la tradition, un attelage de deux chevaux avait disparu à jamais avec son conducteur.

C’est ici, au départ d’une preste rivière que s’écrivit une des plus grandes pages de l’Histoire. Car la bataille de Waterloo est, en fait, celle de Plancenoit. C’ est à Plancenoit, le soir du dimanche 18 juin 1815, que Napoléon essuya la défaite décisive qui mit fin à son extraordinaire aventure. Sans entrer dans trop de détails techniques concernant cette bataille, disons que dans le triangle formé par la Belle-Alliance, la ferme d’ Hougoumont et la ferme de la Haie-Sainte, les troupes françaises s’efforcèrent, en vain, de refouler les Anglais vers Bruxelles. C’est au village de Plancenoit que furent livrés les assauts sans doute les plus furieux; le village fut pris et repris sept fois entre cinq et huit heures du soir.

Aujourd’hui encore quelques fermes et monuments nous rappellent cette bataille: citons la colonne Victor Hugo, le long de la Chaussée de Charleroi, et à peu près en face, de l’autre côté de la route, le monument de Gérôme est plus éloquent: l’aigle meurt.

Abandonnons Plancenoit et ses souvenirs de la fulgurante épopée napoléonienne et descendons dans la vallée en gardant un oeil sur la rivière aux eaux vives et claires, nous arrivons au village de Maransart, le sart de Marie, avec ses vieilles fermes du Croissant et d’ Hubermont qui appartenaient à l’Abbaye d’Afflighem. Le Croissant existait en 1602 et des tueries y furent perpétrées par les Nazis lors de leur retraite de septembre 1944. Dans le grès très dur du sol de Maransart, on découvrit en 1926 le squelette d’un crocodile fossile de 2,50 mètres de long; ce « crocodile de Dixon » est conservé au Musée d’ Histoire naturelle à Bruxelles. Dans la vallée où l’on capte l’eau qui alimente plusieurs villages, il y avait un moulin dit moulin de Virère.

Ici, nous allons ouvrir une parenthèse qui nous éloignera un peu de la vallée de La Lasne. Nous allons prendre la Rue de Colinet, puis la rue de la Hutte jusqu’au carrefour avec la rue du Poteau et la Rue de Céroux. Là, nous nous trouvons sur la ligne de faîte séparant la vallée de la Dyle de celle de La Lasne. Nous sommes sur le « Grand Chemin », ainsi que le nomment les villageois. Cette route relie directement Wavre à Nivelles, tantôt pavée ou bétonnée, tantôt route de terre. Il se rattache ainsi aux chaussées Romaines qui établissaient le contact entre les ports du Rhin et ceux de la Seine et de la mer. Sur ces routes passaient les porteurs des dépêches de l’Etat, qui bouclaient obligatoirement 280 km en un jour, vitesse étonnante sur de mauvaises pistes. On observa que la distance entre les limites latérales des communes, entre deux chemins latéraux, entre deux chapelles sises sur le « Grand Chemin », correspond à une ou plusieurs lieues gauloises ou à des fractions précises de ces lieues ( la lieue gauloise égale 2.222 m); les mêmes particularités ont été remarquées sur la Chaussée Romaine de Bavay à Tongres.

Revenons à notre rivière qui partie de Plancenoit, a frôlé Maransart et est arrivée à Couture-Saint-Germain, au hameau d’Aywiers, après avoir formé plusieurs étangs qui attirent les pêcheurs. Une porte ouvre sur l’enclos de l’ancienne abbaye cistercienne. On lit sur une plaque:  » Abbaye d’Aywiers. Dans cette abbaye vécut pendant quarante ans Sainte Lutgarde, cistercienne, née à Tongres en 1182, elle mourut ici le 12 juin 1246 vénérée par tous, que sa mémoire demeure à jamais ».

Les Cisterciennes s’installèrent d’abord aux Awirs, près de Liège, qu’elles quittèrent pour des raisons mal déterminées vers 1206, pour s’installer à Lillois près de Nivelles. Là, elles ne prospérèrent point. Souffraient elles d’une pénurie d’eau? C’est possible. Toujours est il qu’elles émigrèrent à Aywiers dont le nom signifie précisément « eau » comme les « Awirs » lez Liège. Au temps de leur splendeur, à Aywiers, l’abbaye possédait 2.050 hectares. Les cisterciennes avaient des fermes et des bergeries un peu partout dans la vallée. Par exemple, la ferme d’Agnisart ( le sart de l’agneau ) se trouvait dans les bois de Thy qui étaient traversés par le Cala venant de Glabais. Les abbesses qui étaient Dames d’Aywiers avaient tous les droits de Seigneurie sur Maransart et Couture, y compris ceux de haute, basse et moyenne justice. Que reste t il de tout cela aujourd’hui. Il faut bien convenir que les vestiges de l’Abbaye d’Aywiers ne sont pas d’un intérêt égal à ceux des romantiques ruines de Villers-la-Ville. Les murs d’enceintes subsistent : ils sont énormes, faits de bonnes briques et d’une pierre ferrugineuse que l’on trouve sur place; quant au mortier qui les lie, les bonnes gens affirment qu’il est à base de farine de seigle, donc très résistant. A l’ intérieur de l’enceinte, on peut encore admirer un très beau parc et le château qui remonte au 18e siècle. Quant à l’abbaye proprement dite et à l’église des cisterciennes, qui se trouvaient devant le château, sur La Lasne, elles ont disparu complètement, vendues pierre après pierre, peu après la révolution française de 1789. En suivant La Lasne, au-delà d’ Aywiers, nous tombons sur Couture proprement dit, sur le centre du village où se dresse une église de 1842. Couture était connu pour sa fontaine dédiée à Saint-Germain qui se trouve en bordure du village, vers Beaumont-Caturia. Dans les prairies qui couvrent le milieu de la vallée et qui accueillent encore quelques douzaines de bœufs et de vaches, la Lasne dessine de magnifiques méandres parfois bordés de peupliers frémissants.

Nous voici arrivés maintenant dans deux villages aussi vastes l’un que l’autre; le premier, Lasne, avec son ravissant hameau Chapelle-Saint-Lambert, se trouve sur notre rivière même, tandis que l’autre, Ohain, est sur un affluent, le Smohain. Ohain est la coqueluche des citadins, comme qui dirait Le Zoute par rapport à Knokke. C’est un beau village avec une place énorme plantée de magnifiques arbres. De célèbres personnages vécurent et naquirent à Ohain : à savoir le romancier Charles Plisnier, le délicat poète Edmond Vandercammen, l’écrivain Robert Goffin. Dans le château qui se trouvait près de la place, occupé par le Sire d’Ohain, Jean Hinckaert, se trama un complot contre le Duc d’Albe. Ce dernier devait être supprimé pendant sa retraite au prieuré de Groenendael, mais quelqu’un trahit et les comploteurs n’eurent plus qu’à se cacher.

Et Lasne-Chapelle-Saint-Lambert, qui comprend Genleau avec ses belles villas, Beaumont jouxtant Céroux, fier de sa tour de Moriensart, Renival et sa maison Camille Lemonnier où viennent des écrivains à la belle saison, Caturia ou les Quatre Hurées que ne parvint pas à trouver Bülow dans sa marche vers Plancenoit où il devait prendre Napoléon dans le flanc ! Lasne avait un château à Fichermont, entre Payot et La Marache, ce castel fut occupé par la famille des Xavier dont la branche espagnole donna le jour à Saint François Xavier, évangélisateur des Indes. Quand les Lasnois parlent du « château », ils désignent une magnifique ferme dite de la Kelle, peut-être y eut il jadis un château fort au pied même de cette grosse ferme, près de la rivière, mais il a complètement disparu. Des fouilles ont été faites vers 1978, mais sans résultat.

Chapelle-Saint-Lambert fut rattaché à Lasne en 1848. C’est par Chapelle que passa l’armée prussienne, commandée par Blücher, pour se diriger vers Plancenoit. Des éclaireurs français les avaient attaqués sur le territoire même de Lasne, au Bois de Paris, où fut tué le comte de Schwerin. Avant de quitter le territoire de Lasne, La Lasne forme un étang au bord duquel  a été créée la plage de Renipont.